Vitaly Makukin : l’enchanteur venu des plaines d’Ukraine

Lorsque ce grand, très grand gaillard, émerge samedi sur la scène du théâtre Monsabré comme une montagne du brouillard, le public ne s’attend peut-être pas au choc qu’il va éprouver. L’espace de deux heures, il va connaître ce qu’a vécu le Ulysse de Du Bellay : un très beau voyage !

Voyage dans le temps et dans l’espace, puisque du XXIe siècle, on ira jusqu’à se recueillir aux merveilleux sanglots de Greensleeves (XVIe siècle), après avoir dansé aux folklores d’Europe, de Russie, d’Amérique latine, et même du rock ! Vaste répertoire !

Évidemment, – cela secoue – dès les premières mesures, on croit entendre un trio, si ce n’est un orchestre. Il faut le voir pour ne pas le croire ! C’est qu’il joue en « tapping » comme personne des feux d’artifice enthousiasmants.
Cette technique, qui se joue en « tapant » et apposant huit doigts sur le manche – comme s’il s’agissait du clavier d’un piano – permet de faire entendre simultanément un accompagnement, une basse et un solo. Renversant.

En cet aspect spectaculaire réside un danger : celui de regarder Vitaly comme un Hercule de foire, un acrobate époustouflant certes, mais simplement mécanique. Or, d’une virtuosité époustouflante – écoutez le fameux Czardas de Vittorio Monti – Vitaly est aussi un musicien très sensible qui compose des choses émouvantes, parfois même en guitare « traditionnelle » ! Écoutez par exemple sa Christmast Melody, ou Three Days with Tommy, souvenir amical d’une tournée en Chine avec le grand Tommy Emmanuel ! Mais Dieu qu’on aura vibré aux airs du folklore russe, aux harmonies de Carlos Jobim, au Take Five de Dave Brubeck, à la Danse du Sabre, à Ray Charles, Carlos Santana, Hotel California et même des chansons de Paris !