Jean-Jacques Debout au cœur de la chanson

Jean-Jacques Debout fêtera ses 78 ans dimanche sur la scène du Théâtre Monsabré à Blois. Le “ petit de Seigy ” nous gratifie d’un bouquet de souvenirs.

Pour lui la vie va commencer (1) le 9 mars 1940 ! « Je suis né dans le XIIe arrondissement de Paris, et pour fuir les bombardements, nous nous sommes réfugiés dans le petit presbytère de Seigy où vivait ma grand-mère. Mon père, qui avait réussi à s’évader, était remonté à Paris. C’est là que j’ai passé mon enfance. Je me souviens de l’Île Plage de Saint-Aignan, des grands chanteurs qui y passaient, dont Luis Mariano. Tombé en panne, il demandait au garagiste l’itinéraire le plus court pour Biarritz ! Josephine Baker m’y a pris dans ses bras(2). Il faut dire que j’ai chanté dès 4/5 ans avec l’orchestre de Roger Guillet. Non sans quelque décalage car je chantais des chansons d’adultes ! Sans toujours bien comprendre… Mais j’ai gagné trois fois ! J’ai commencé à jouer sur l’harmonium du presbytère. Je me revois boucher les trous des soufflets avec du chatterton ! »

L’héritage de Johnny

Ami depuis les débuts de Johnny, difficile de ne pas lui demander son avis sur le désastre de l’héritage… « Je ne dis pas que Lætitia a tout manigancé. Mais je sais, même quand il était jeune, que Johnny, crevé après un concert par exemple, signait n’importe quoi. David et Laura l’adoraient. Combien de fois Johnny ne m’a-t-il pas dit à quel point il était fier d’eux. Je ne comprends pas. En plus, ils se sont toujours très bien comportés avec lui. David, qui est vraiment un type bien, lui a tout de même composé avec Sang pour sang l’album qu’il a le plus vendu. C’est évidemment un excellent musicien. Je ne sais pas si “ Mamie rock ” a chanté beaucoup de duos avec Johnny, mais je la vois mal gérer l’héritage musical mieux que David ! »

Ce dimanche

Comment va se passer le concert ? « J’aurai un orchestre symphonique ! Je serai accompagné de Jacques Ferchit à l’accordéon, Jacky Delance au piano et Laurent Delaveau à la contrebasse. Je chanterai de mon tout premier succès, “ Les Boutons dorés ” à des titres plus récents, avec quelques reprises de grands comme Trénet ou Barbara. J’ai d’ailleurs composé deux chansons pour elle, dont “ Hop là ! ”. »

Souvenirs

Jean-Jacques Debout a de la chanson une connaissance encyclopédique vécue de l’intérieur. C’est à 17 ans, alors qu’il est coursier aux éditions Raoul Breton, qu’il tape dans l’oreille de Patachou. Il chante, en vedette anglaise, quatre chansons. Le type qui fait la vedette américaine est… Jacques Brel ! « Il me montrait ses débuts de chansons… Il avait quitté Bruxelles moins de deux ans auparavant. »
Les anecdotes pleuvent… Comme ce soir où Gainsbourg – il était alors vêtu comme un lord anglais – drague une serveuse. « Elle lui répond qu’elle a un copain… Alors, avec une mine de rasoir, il s’entaille légèrement la gorge. La fille s’écroule derrière son comptoir, il a fallu l’emmener à l’hôpital. »
Quant aux débuts de Johnny… « Il s’appelait encore Jean-Philippe. Dans un café de Pigalle, il mettait Rock around the clock de Bill Haley, et chantait fort par-dessus en imitant la gestuelle de Bill ou d’Elvis. Des fois le patron remettait une pièce dans le juke-box parce que ça créait une sacrée ambiance ! J’ai prévenu Jacques Volson, le directeur artistique de Vogue, qu’il allait voir quelque chose de pas ordinaire. Il ne sera pas déçu ! »
Dimanche 11 mars à 15 h 30. Tarifs : de 25 € à 30 €. Réservations : 06.95.20.86.25. (1) Clin d’œil à l’une des 11 chansons composées pour Johnny “ Pour moi la vie va commencer. ” (2) Jean-Jacques Debout a composé pour elle “ Au revoir mais pas adieu ”, pour sa dernière revue. Une sorte de boucle était bouclée.

VILDART

Alain VILDART

Journaliste, rédaction de Blois