Jean-Jacques Adam : l'éclectisme d'abord

Jean-Jacques Adam, le nouveau maître du théâtre Monsabré. 

Rouvert en octobre 2013, le théâtre Monsabré a trouvé en la personne de Jean-Jacques Adam, un programmateur dynamique.

I l est fou cet homme-là! Voilà une rumeur qui court en Vienne depuis quelque temps. Et la rumeur concerne le directeur et programmateur du théâtre Monsabré.

Pourquoi ? Parce qu’il programme un, deux, trois ou quatre spectacles par semaine dans ce petit théâtre Monsabré situé rue Bertheau en Vienne.

Retour en arrière. Bâti dans les années 30, le théâtre de 240 places, a accueilli de nombreux spectacles pendant des années. Jusqu’en 2007, où il a fermé ses portes puis a été racheté en 2008 – ainsi que l’école privée Monsabré – par la Fondation Victor-Dillard. La directrice de l’école de l’époque, Christine Daudet émet le souhait de le voir revivre, souhait affirmé par la direction de l’enseignement catholique.

«  Une vraie école de la vie où j’ai tout appris  »

En 2013, l’homme providentiel arrive à Blois avec sa famille. Il s’agit de Jean-Jacques Adam, venu tout droit d’Orléans. Il inscrit ses enfants à l’école Monsabré et découvre le théâtre abandonné lors de l’accueil des nouveaux parents. Il y voit un endroit particulier à remettre en valeur. Il en parle autour de lui, à l’école, aux commerçants, à tout le monde. Il rencontre l’équipe de la Fondation Dillard et lui expose son projet de programmation variée. Un premier projet voit le jour avec une compagnie de Blois. L’alchimie ne dure pas, et Jean-Jacques continue l’aventure avec l’association Monsabré en 2014.

« Je souhaite apporter de l’ouverture dans la programmation, et prévoir un à deux spectacles chaque semaine »,affirme-t-il.

Mais comment fait-il pour être aussi disponible ? « J’ai eu un grave accident qui ne me permet plus d’avoir une activité professionnelle. Je suis en invalidité, ce qui me laisse du temps pour le théâtre. »Il ajoute qu’il arrive à ramener des artistes à Blois grâce à une ancienne activité datant de sa jeunesse. En effet, il a participé à l’émergence des radios libres en 1982 à Dreux où il travaillait sur Radio New Way, puis Radio 7 et enfin Fun Radio jusqu’en 1989. « C’était une époque folle ! On dormait dans le studio de la radio sous les bacs à disques. J’y suis arrivé grâce à un copain par hasard, et c’est là que j’ai pris goût au spectacle. On faisait vraiment tout : les jingles pubs, les jeux, les interviews ! Une vraie école de la vie où j’ai tout appris. »

Il a conservé un réseau même s’il rappelle que les débuts de Monsabré se sont faits par les réseaux sociaux et le bouche à oreille. Le prix est aussi un atout majeur : il en discute avec les artistes et pratique la co-réalisation c’est-à-dire qu’il partage les bénéfices à 60-40 ou 70-30 ou 80-20 %. Le prix des spectacles est plutôt modeste ; les artistes empochent 10 à 20 € par place de spectacle. Il lui reste alors à régler les charges, le loyer, l’électricité et autres ce qui revient à 400 € par mois. « De plus, je fais participer beaucoup de commerçants du quartier. Lorsque je dois préparer des en-cas pour les artistes, je vais à l’épicerie de l’avenue Wilson, s’ils veulent manger au restaurant, je les emmène dans une bonne adresse de Vienne. »Cette convivialité et ce savoir-faire plaisent aux artistes, et ils lui disent. La méthode Jean-Jacques Adam a du bon.

Anne Richoux